Tant que la fonction politique est un passe-droit, et une source de revenu, elle exclut les femmes (et les hommes) qui auraient toute leur place, ou elle les corrompt. La lutte pour la parité doit aller de pair avec la lutte anti-corruption, la transparence et donc la bonne gouvernance.
Il faut commencer tôt : faire de l’éducation genrée à la participation active et à la citoyenneté pour les très jeunes, et pas seulement à l’école. Dans les médias, les réseaux sociaux, les clubs de sport …
Le politique et le domestique sont liés. Tant que les femmes sont accablées par le care, s’investir dans la gouvernance, notamment si elle est « formelle » est un challenge. Il y a bien entendu le problème de la formation, de l’alphabétisation … on demande aux femmes de s’impliquer et on les met face à des procédures qui sont discriminantes (langue, niveau de langage …) elles sont « lâchées dans la nature ». Coaching, mentoring, appui financier (compenser l’opportunité des coûts), tout cela est nécessaire.
L’expérience montre que les femmes élu-e-s qui se détachent de la base (pire, qui l’instrumentalisent d’autres femmes) ne peuvent aboutir. La forte présence d’une société civile de femmes et d’hommes engagées pour l’égalité doit pousser la redevabilité (qui vaut aussi pour les hommes!)
Enfin, il faut concevoir qu’une femme ne soit pas élu-e uniquement pour parler du genre et représenter les femmes (même si c’est mieux évidemment qu’elle le fasse). Il faut donc aller chercher des femmes dans tous les domaines, capables d’engager des débats sur les infrastructures, l’économie, l’aménagement du territoire, le climat et pas seulement la santé, l’éducation et la culture.
Il faut une prise d’engagement interne aux structures de gouvernance urbaine (donc du lobby de l’intérieur et des politiques qui demandent et vérifient) et du lobby de l’extérieur émanant des habitant-e-s.
]]>Quels pourraient etre, selon vous, des moyens efficaces de promouvoir la représentation des femmes au sein des structures de gouvernance urbaine ? Avez-vous des exemples de projets ayant eu un impact positif dans ce domaine ?
]]>1/ L’absolue nécessité de la participation des femmes dans les instances de décisions, formelles et informelles, dans l’espace urbain. Qu’elles soient élu-es ou non, il est indispensable que les femmes (tous âges, classes, origines …) aient accès aux voies (et donc aux voix) par lesquelles leurs besoins s’expriment, remontent aux « responsables/décideur-es », les associent aux réalisations et redescendent vers elles pour rendre compte. Ce qui rend incontournable plusieurs choses :
– leur information sur les espaces/instances où elles peuvent s’exprimer
– l’adaptation de ces espaces (mixtes ou non) aux réalités des femmes (toutes) : lieux de rencontre, horaires, accessibilité, langues utilisées etc., informations etc.
– leur participation active dans ces espaces/instances, avec une masse critique de 20 – 30%, sinon, rien ne bouge vraiment
– leur élection comme « porte-parole », élues
– la reconnaissance de ces espaces/instances pour celles-ceux qui décident
– le soutien organisationnel + financier à ces espaces par les politiques, les bailleurs
Deux exemples de ma récente pratique : A St Louis (Sénégal, où Genre en Action mène une BGS), l’audit fait clairement ressortir l’absence des femmes dans les conseils de quartiers par exemple. A Angoulême/France (où je vis), dans le cadre d’un travail sur les Quartiers prioritaires en politique de la ville, nous voyons clairement que les femmes sont en retrait dans les conseils citoyens, les comités de quartier … malgré la parité (numérique, elle ne fait pas tout!) qui s’installe.
2/ La budgétisation
Tant que le budget des communes et des villes ne tiendra pas compte des besoins différenciés des femmes et des hommes, tant qu’il n’intègrera pas la lutte contre les discriminations et les violences comme un axe central, et tant qu’il n’étudiera pas son impact différencié sur les femmes et les hommes, alors nous ne pourrons pas avoir des politiques urbaines en phase avec les questions de genre. Cela signifie, entre autres, d’avoir des données sur les besoins et disparités femmes-hommes, c’est à dire des diagnostics, des profils … – Ils existent très très rarement!
Les deux exemples de St Louis et d’Angoulême que je cite plus haut sont aussi valables ici!
]]>En amont de la troisième conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable, Habitat III, cette discussion en ligne permettra d’apporter une contribution au débat actuel sur le genre et l’urbanisation. Nous commencerons par établir le contexte, en vous invitant à répondre à la question suivante:
Comment peut-on s’assurer que les besoins des femmes et des soient correctement pris en compte par les décideurs politiques au niveau local ?
C’est avec impatience que nous attendons de lire vos contributions !
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